L'Allemagne va "changer" avec l'afflux massif de migrants, a prévenu lundi la chancelière Angela Merkel, promettant des milliards pour faire face, alors que l'Europe, très critiquée, se mobilisait face à la pire crise migratoire de son histoire récente.
De son côté, Paris a dit accepter d'accueillir 24.000 réfugiés sur deux ans, dans le cadre d'un plan de répartition de l'Union européenne.
Sans politique d'ensemble, ce sera "la fin de (l'espace de libre-circulation) Schengen", a averti le président François Hollande qui souhaite aussi une conférence internationale sur la crise migratoire.
"Ce que nous vivons est quelque chose qui va () nous changer, et nous voulons que le changement soit positif et nous pensons que nous pouvons y arriver", a souligné la chancelière Angela Merkel à Berlin.
Elle a détaillé un programme fédéral de six milliards d'euros pour 2016 visant à améliorer la prise en charge et l'intégration des migrants.
La dirigeante conservatrice a souligné que la facture pourrait atteindre un total de 10 milliards d'euros l'année prochaine, en additionnant les dépenses de l'Etat fédéral et celles des régions et des communes.
Son pays estime à au moins 10.000 le nombre des nouvelles arrivées prévues ce lundi, après un week-end record qui a vu plus de 20.000 migrants, dont nombre de Syriens, arriver en Allemagne en provenance de Hongrie via l'Autriche.
De leur côté, La Commission européenne et son chef Jean-Claude Juncker vont proposer mercredi de répartir entre pays de l'UE 120.000 réfugiés sur les deux prochaines années pour répondre à l'afflux de migrants. Cette proposition va s'ajouter à la réinstallation de 40.000 migrants annoncée en mai.
Ces quotas d'accueil voient l'Allemagne en première position (26,2%, 31.443 réfugiés), suivie de la France (20%, 24.031) et de l'Espagne (12,4%, 14.931).
Signe de l'ampleur du travail encore à accomplir, l'Allemagne s'attend à recevoir 800.000 demandes d'asile cette année, quatre fois plus que l'année précédente. Et l'afflux n'a fait que croître depuis que les autorités ont décidé de ne plus renvoyer les Syriens vers leur point d'entrée en Europe.
Le principe des quotas est loin de faire l'unanimité, notamment en Europe de l'Est. Le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban a d'ores et déjà jugé prématuré de débattre de la répartition tant que l'afflux de migrants ne serait pas sous contrôle.
- Lesbos "au bord de l'explosion" -
Dans ce contexte, Mme Merkel a une fois de plus appelé ses partenaires européens à agir. "Le temps presse pour trouver une solution", a-t-elle martelé.
Le chef de la diplomatie espagnole, Jose Manuel Garcia Margallo, a pour sa part jugé que la crise risque de "ternir l'image de l'Europe".
Ailleurs en Europe, la pression migratoire ne cessait de croître. Ainsi "entre 15.000 à 17.000 réfugiés" se pressent actuellement à Lesbos, une île grecque et porte d'entrée vers l'Europe où la situation est "au bord de l'explosion", selon le ministre grec à la Politique migratoire, Iannis Mouzalas.
Des renforts policiers et l'armée ont dû être mobilisés sur l'île dimanche.
Au total, 2.600 réfugiés et migrants ont été recueillis en mer par les garde-côtes grecs entre vendredi et lundi matin, première étape vers l'Europe occidentale pour des dizaines de milliers de réfugiés affluant de Turquie.
La police turque a arrêté un nouveau passeur présumé après le naufrage à l'origine de la mort au large des côtes de la Turquie du petit Aylan, qui a ému le monde entier, selon l'agence de presse Anatolie.
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