Près de 3.000 migrants venant de Hongrie sont arrivés en Autriche, traversant à pied la frontière sous une pluie battante, Vienne appelant samedi l'Europe à "ouvrir les yeux" sur le "bazar" de la crise migratoire.
Les migrants ont été acheminés en bus par les autorités de Budapest, après avoir été bloqués dans des conditions éprouvantes en Hongrie, l'Autriche et l'Allemagne ayant accepté de les recevoir.
Une centaine de bus ont été affrétés tôt samedi par le gouvernement hongrois, pour prendre en charge les migrants massés dans la principale gare de la capitale, ainsi que quelque 1.200 migrants qui avaient entrepris de rallier l'Autriche à pied depuis Budapest, en une scène d'exode inédite qui illustre la pire crise migratoire depuis 1945 à laquelle est confrontée l'Europe.
2.500 à 3.000 migrants sont déjà arrivés en Autriche, a déclaré Hans Peter Doskozil, chef de la police de l'Etat du Burgenland (est de l'Autriche).
"Je me tiens à la frontière avec la Hongrie et je regarde. Le flux (de personnes) se poursuit", a-t-il ajouté, précisant que des cars allaient emmener les migrants "à Vienne et peut-être aussi en Allemagne".
Quelque 400 migrants, qui avaient été hébergés dans une salle de concert aménagée en centre d'accueil de fortune à Nickelsdorf (Autriche), ont pris place à bord d'un premier train qui est parti à l'aube vers l'Ouest, a indiqué le responsable.
Un deuxième train doit bientôt partir, a-t-il ajouté. "Le deuxième groupe de 400 personnes est en chemin (pour la gare). La pluie a été assez forte, il bruine maintenant, les gens sont tous trempés".
- Situation intenable -
La situation devenait intenable pour les autorités hongroises débordées: plus de 50.000 migrants, pour la plupart voulant rejoindre l'Allemagne et les autres pays d'Europe occidentale, sont arrivés pour le seul mois d'août en Hongrie.
Vendredi soir, la gare de Budapest-Keleti a résonné d'une déclaration en arabe, hurlée au mégaphone: "Le gouvernement hongrois met à votre disposition des bus gratuits pour vous emmener à la dernière ville avant la frontière" autrichienne.
"Prenez toute votre nourriture et votre eau, il n'y aura rien dans les bus", dit l'homme au mégaphone, à l'adresse des milliers de migrants et de réfugiés de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, d'Irak et d'une cinquantaine d'autres pays, qui campaient dans la "zone de transit" de la gare.
A bord du bus, beaucoup ont dormi allongés à même le sol, épuisés, a rapporté un journaliste de l'AFP. "C'était impossible d'arriver à dormir à (la gare de) Keleti", a lancé Houman, un passager, âgé de 65 ans.
Un cortège joyeux et déterminé de quelque 1.200 migrants, selon une évaluation de la police, dont des personnes en fauteuil roulant ou s'aidant de béquilles, s'était mis en marche vendredi midi vers la frontière autrichienne, située à quelque 175 kilomètres de la capitale Budapest.
Mais un Pakistanais de 51 ans est mort vendredi après-midi quand 350 migrants se sont échappés d'un train immobilisé depuis jeudi à Bicske, près de Budapest, d'où les autorités souhaitaient les transférer dans un camp.
A 2.000 kilomètres de là, dans la ville syrienne de Kobané (nord), quelques dizaines de personnes en pleurs ont assisté vendredi à l'inhumation d'Aylan Kurdi, ce petit garçon de trois ans mort noyé pendant qu'il tentait avec sa famille de rallier l'île grecque de Kos, et dont la photo du corps échoué sur une plage turque a envoyé une onde de choc dans le monde entier.
- 'Le bazar en Europe' -
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