La chancelière allemande Angela Merkel, huée par des extrémistes, a promis mercredi de lutter sans "tolérance" contre les actes xénophobes en pleine crise migratoire européenne, tandis qu'une quarantaine de cadavres de migrants ont encore été retrouvés en Méditerranée.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a invité mercredi à Paris "les pays, en Europe et ailleurs, à faire preuve de compassion et à faire beaucoup plus pour venir à bout de la crise" migratoire, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale.
Angela Merkel a promis qu'elle ne ferait preuve d'"aucune tolérance vis-à-vis de ceux qui remettent en question la dignité d'autrui" lors d'une visite à Heidenau (Saxe, est), théâtre d'"abjectes" violences selon ses mots, entre policiers et extrémistes durant le week-end autour d'un foyer de réfugiés.
Avant, pendant et après sa brève allocution, la chancelière a été conspuée par des sympathisants d'extrême droite scandant notamment "traîtresse". Tenus à distance par la police, ces militants s'étaient mêlés à des badauds, formant un groupe d'environ 200 personnes.
L'Allemagne attend 800.000 demandes d'asile en 2015, soit quatre fois plus que l'année précédente. 60% des Allemands (sondage de la chaîne ZDF du 21 août) jugent que le pays a les moyens de les accueillir, mais l'extrême droite multiplie les coups d'éclat.
Deux incidents ont encore eu lieu dans la nuit, qui n'ont pas fait de blessé. A Leipzig (Saxe, est), un engin incendiaire a visé un bâtiment devant accueillir 56 demandeurs d'asile. A Parchim (nord-est), deux hommes ivres armés d'un couteau ont pénétré dans un centre d'accueil.
- 40 corps dans une cale -
Aux frontières extérieures de l'UE, une quarantaine de cadavres ont été retrouvés mercredi dans la cale d'une embarcation au large de la Libye, ont annoncé les garde-côtes suédois, qui ont sauvé plus de 430 autres migrants sur ce bateau.
Interrogés par l'AFP, les garde-côtes italiens ont confirmé qu'une dizaine d'opérations étaient en cours pour secourir au moins 2.000 migrants "et probablement plus".
La semaine dernière, 5.300 personnes ont été secourues par la marine italienne et la mission européenne Triton.
La Hongrie, qui fait aussi face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, a annoncé l'envoi prochain de 2.100 policiers en renfort.
Le parti au pouvoir a aussi proposé de recourir à l'armée pour "la défense de la frontière".
Des incidents ont aussi éclaté devant le principal foyer d'accueil, situé à Roszke, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour empêcher environ 200 personnes de quitter ce centre d'enregistrement.
La veille, un nouveau record avait été atteint avec le passage en une journée de 2.500 personnes -- Syriens, Afghans et Pakistanais en majorité -- arrivant de Serbie.
Depuis janvier, Budapest a enregistré 100.000 demandeurs d'asile et a entrepris d'ériger une clôture grillagée le long des 175 km de sa frontière avec la Serbie, qui devrait être achevée le 31 août.
La patronne de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini et Mme Merkel retrouvent jeudi à Vienne des chefs d'Etat et de gouvernement des Balkans de l'Ouest, pour un sommet sur cette région devenue l'une des principales portes d'entrée vers l'UE pour les Syriens ou les Irakiens fuyant la guerre mais aussi pour les Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d'une vie meilleure.
En bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d'assaut les trains, les scènes de chaos se multiplient en Europe orientale à mesure que des milliers de migrants avancent à travers le continent.
- Schengen menacé? -
Confrontées à l'arrivée massive de ces migrants, l'Italie, la Grèce ou la Hongrie se sont vu reprocher par certains de leurs partenaires de les laisser passer.
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