"J'ai beaucoup de compassion pour vous. Mais l'Europe n'a pas la capacité de vous accueillir, nous n'avons plus les moyens financiers", a-t-elle déclaré à deux représentants des milliers de migrants arrivés ces dernières semaines sur cette côte en provenance de Tunisie.
La présidente du Front national (FN), également député européenne, effectuait cette visite très médiatisée de trois heures à Lampedusa pour "attirer l'attention" sur l'afflux d'étrangers qui selon elle, pourraient "demain se compter en centaines de milliers".
Marine Le Pen, accompagnée du vice-président du FN Louis Aliot et du député européen italien de la Ligue du nord (parti anti-immigrés) Mario Borghezio, s'est aussitôt rendue dans le centre de réfugiés installé sur l'île.
Après une visite d'environ une heure dans ce centre, où elle a rencontré les deux porte-paroles, Mme Le Pen a tenu une conférence de presse devant une cohue de plusieurs dizaines de journalistes venus de plusieurs pays européens.
"Mon objectif n'est pas de faire de la propagande. Je préfère leur dire la vérité, l'Europe est en situation d'appauvrissement", a-t-elle répété.
La dirigeante d'extrême droite a déploré une nouvelle fois que l'Union européenne "n'apporte aucune solution". Elle a préconisé que les marines nationales des pays concernés reconduisent les immigrés dans leur pays d'origine avant qu'ils ne débarquent.
Mme Le Pen avait été accueillie à son arrivée par plusieurs dizaines de manifestants clamant "les racistes dehors!".
Dans ce rassemblement à l'appel d'une association de Lampedusa, Askavusa, des slogans en français "solidarité avec les sans-papiers", "Liberté-Egalité-Fraternité aussi pour les sans-papiers" côtoyaient des banderoles en italien proclamant "les racistes dehors", "Lampedusa n'est pas raciste" ou encore "le monde est en couleurs, faites-vous une raison".
"Je veux attirer l'attention de l'Europe sur ce qui est en train de se passer. Les responsables européens détournent les yeux en tentant de minimiser le risque de flux migratoire" des réfugiés qui aujourd'hui "se comptent en quelques milliers, et pourrait se compter en centaines de milliers", a-t-elle déclaré à l'AFP à Palerme, peu avant de prendre son avion pour l'île.
"Je veux aussi apporter mon soutien aux habitants de Lampedusa qui ont le sentiment d'être totalement abandonnés, et en premier lieu par l'Union européenne, comme si ce problème n'était que celui de l'Italie", a-t-elle ajouté.
Or, la "France devrait se sentir concernée". "Il n'y a pas de frontières", a-t-elle insisté.
Le député italien a pour sa part salué l'initiative de Mme Le Pen : "L'Italie a tout intérêt à ce que l'Europe sache ce qui se passe à Lampedusa".
Depuis le départ du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et le début des insurrections en Libye, près de 10.000 candidats à l'immigration ont débarqué sur ce confetti de 20 km2 perdu au sud de la Sicile. Soit plus du double du nombre d'immigrés arrivés pendant toute l'année 2010, a affirmé récemment le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni.
AFP.
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