Les faits se déroulent à Saint-Etienne-du-Rouvray, au domicile où habitent le prévenu, sa femme et leurs quatre enfants. Dans la nuit du 24 au 25 juillet dernier, une fille du couple entend une dispute dans la chambre conjugale. Elle entend le prévenu menacer sa mère de "la jeter par la fenêtre".
Le lendemain matin, la victime revient chez elle. Son mari est avec un ami. Il se met à insulter sa femme. La victime tape du poing sur la table : "C'est bon, j'en ai marre !". Le prévenu la menace à nouveau de la tuer, de la noyer dans un lac. L'ami, témoin de la scène, doit s'interposer entre les deux pour que la victime puisse fuir par une fenêtre. Elle reviendra une dernière fois au domicile avant de prévenir la police, qui interpellera le mari.
"C'est juste pour qu'elle panique un peu"
Malgré 13 ans de vie commune et un mariage en 2011, le président du tribunal est étonné du "profond mépris" porté par le prévenu à sa femme, où les insultes se succèdent. Ce que le prévenu résume laconiquement : "On est tout le temps en train de se prendre la cruche pour des conneries." A la question de savoir s'il prend conscience de la gravité de ses menaces, il explique que "ce sont des paroles en l'air. Si j'avais voulu le faire, je l'aurais fait depuis longtemps. C'est juste pour la faire chier, pour qu'elle panique un peu."
"Une caricature de violences conjugales"
Pour l'avocate de la partie civile, l'affaire constitue une "caricature de violences conjugales", avec une femme qui ne dépose pas plainte jusqu'à aujourd'hui et un mari qui "boit depuis fort longtemps". Elle souligne une situation "absolument effrayante". Une argumentation confortée par la procureure qui évoque des "violences psychologiques qui mettent sa femme sous emprise". Elle requiert huit mois de prison avec sursis, avec une obligation de soins et une interdiction d'entrer en contact avec la victime.
La défense du prévenu - qui évoque un homme qui sait être "un bon père de famille et un mari acceptable" mais qui est marqué par l'incarcération il y a quelques années de son fils - n'y changera rien. Le réquisitoire de la procureure est suivi par le tribunal. Le prévenu écope d'une peine de huit mois de prison avec sursis, une mise à l'épreuve de 18 mois, une obligation de soins psychologiques et pour guérir son alcoolisme, et une interdiction d'entrer en contact avec la victime. Cette dernière reçoit également un euro symbolique de dommages et intérêts.
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