L'ONU, qui tente de parvenir à un arrêt des combats au Yémen, s'employait toujours mercredi à Genève à persuader les représentants de la rébellion chiite de négocier avec ceux du gouvernement en exil, les deux parties affichant des positions apparemment inconciliables.
Au même moment, une série d'explosions a tué plus de 30 personnes mercredi à Sanaa, revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
Jusqu'à présent, aucune percée n'a été enregistrée dans les efforts de paix. "Le seul point positif est que les négociations se poursuivent et qu'aucune délégation n'a claqué la porte", a expliqué un diplomate occidental qui suit les pourparlers.
Faute d'accord politique, l'émissaire spécial de l'ONU, Ismaïl Ould Cheikh, cherche à négocier une trêve humanitaire de 15 jours, d'autant que le mois de jeûne musulman du ramadan commence jeudi.
Les combats ont fait depuis mai plus de 2.600 morts au Yémen selon l'ONU et la situation humanitaire est catastrophique dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.
Selon des témoins et des sources de sécurité, ce sont cinq attentats qui ont été perpétrés simultanément à Sanaa mercredi, visant notamment des mosquées chiites et la maison d'un responsable de la rébellion chiite Houthie, et faisant 31 morts et des dizaines de blessés. Le groupe ultra-radical sunnite Etat islamique, a revendiqué les attaques.
- consultations séparées -
Une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite, où est installé le gouvernement en exil du président Abd Rabbo Mansour Hadi, mène depuis fin mars des frappes sur les positions des rebelles pro-iraniens d'Ansarullah et des militaires fidèles à leur puissant allié, l'ancien président Ali Abdallah Saleh.
Les positions des deux parties sont si éloignées que l'ONU ne prévoit pas dans un premier temps de les réunir, mais de mener des consultations séparées, en effectuant la navette entre les deux camps.
Elle a fixé un maximum de sept représentants et trois conseillers, pour chaque délégation. Les représentants du gouvernement s'y sont conformés mais la délégation des rebelles, qui compte 22 membres arrivés mardi à Genève, devait donner sa réponse mercredi à l'émissaire onusien.
Les délégués rebelles ont cependant renvoyé la balle à l'émissaire de l'ONU.
"La question du nombre de délégués n'est pas un problème. Mais notre exigence principale est que l'ONU considère ces pourparlers comme des consultations entre les différents partis politiques yéménites, et non entre deux camps", a expliqué à l'AFP Faiqa Sayed, une dirigeante du Congrès populaire général (CPG).
Le CPG, ancien parti au pouvoir, s'est scindé entre partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh dont Mme Sayed, et du président Abd Rabbo Mansour Hadi.
- "Un exploit" -
M. Ould Cheikh a estimé que le simple fait de réunir à Genève, dans deux hôtels différents, les deux délégations rivales était déjà "un exploit".
La délégation gouvernementale a rencontré mercredi matin le groupe des 16 diplomates des grandes puissances, de l'Union Européenne et du Conseil de Coopération du Golfe qui suivent les négociations. Elle devait tenir à 14H00 GMT une conférence de presse qui a été "reportée" à la dernière minute par "soucis de ne pas nuire aux discussions".
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