Quelque 20 millions d'Italiens sont appelés à se prononcer dimanche dans des élections régionales et municipales partielles où le chef du gouvernement Matteo Renzi teste sa popularité et où son prédécesseur Silvio Berlusconi joue sa survie politique.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7H00 (5H00 GMT) dans sept des 20 régions du pays -- la Vénétie, la Ligurie, la Toscane, les Marches, l'Ombrie, la Campanie et les Pouilles -- et dans quelque 750 communes, dont Venise, Mantoue ou Agrigente.
Le vote est prévu jusqu'à 23H00 (21H00 GMT) et les premiers résultats sont attendus lundi matin. Le scrutin se poursuivra cependant lundi dans les communes concernées en Sicile, et se prolongera si nécessaire par un deuxième tour le 14 juin pour les municipales et éventuellement le gouverneur de Toscane.
Cette bataille électorale, où la presse redoute une forte abstention, est la première d'importance depuis les élections européennes remportées haut la main il y a un an par le Parti démocrate (PD, gauche) de Matteo Renzi avec 40,1% des voix.
Même s'il a martelé samedi que ces élections locales n'avaient qu'"une valeur locale", le jeune chef du gouvernement, engagé dans un vaste programme de réformes menées parfois même contre l'aile gauche de son parti, verra son aura pâlir en cas de résultat mitigé.
Mais il sera difficile de tirer les conclusions d'un scrutin qui se déroule dans une grande confusion.
Le PD se présente divisé en Ligurie, où son aile gauche a un autre candidat, face à une droite totalement unie derrière son candidat soutenu par Forza Italia et par le parti anti-euro et anti-immigrés de la Ligue du Nord. Mais la Ligue a elle aussi un candidat dissident en Vénétie tout comme Forza Italia dans les Pouilles.
- "Crescendo du tragi-comique" -
A l'heure actuelle, cinq des sept régions en lice sont gouvernées par la gauche (mais le gouverneur sortant des Marches est désormais le candidat de la droite), la Vénétie est dirigée par la Ligue et la Campanie par Forza Italia.
Au-delà des spéculations sur le "score" possible de M. Renzi (6 régions à 1 serait un succès, 4 à 3 un échec), la fin de la campagne a surtout été marquée par la décision vendredi d'une commission parlementaire anti-mafia d'inscrire sur sa liste consultative d'"imprésentables" Vincenzo De Luca, candidat du PD au poste de gouverneur de la Campagnie, la région de Naples.
Ancien maire de Salerne, M. De Luca, désigné en mars par des primaires, a été condamné en première instance pour abus de pouvoir et il doit être jugé à partir de juin pour d'autres délits (fraudes, associations de malfaiteurs, abus de pouvoir).
Derrière le PD de M. Renzi, l'opposition mesurera ses forces, en particulier le Mouvement 5 étoiles de l'ex-comique Beppe Grillo, qui avait raflé 25% des voix aux législatives de 2013 mais n'a pas réussi à peser depuis sur la vie politique en raison de son refus de tout compromis.
Les regards se porteront surtout sur les scores de Forza Italia et de la Ligue du Nord, qui se présentent unies dans certaines régions mais se disputent à plus long terme l'hégémonie à droite, alors que la réforme électorale récemment adoptée pour les prochaines législatives devrait pousser l'Italie vers le bi-partisme.
Pour M. Berlusconi, dont le parti Forza Italia est en pleine déliquescence, c'est l'une des dernières occasions de montrer qu'à 78 ans, il peut encore peser sur la vie politique du pays.
Mais dans ce que La Stampa a qualifié de "crescendo du tragi-comique", l'ex-Cavaliere a terminé vendredi sa campagne par une bourde, en se rendant au meeting de l'adversaire de sa candidate dans une commune de l'agglomération milanaise.
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