Ils étaient plusieurs centaines ce matin à s'être rassemblés devant le rectorat, boulevard des Belges à Rouen. Environ 500, à reprendre les mots d'ordre : "Réformer oui oui oui, bricoler, non non non !" Des professeurs, syndiqués ou non, qui s'opposent à la réforme des collèges.
"La langue latine est laissée de côté"
Pour Karine Helliot, professeur de langues anciennes au collège Jean Lecanuet à Rouen, c'est la mise au placard supposée du latin et du grec qui est pointée du doigt. Si un Enseignement Pratique Interdisciplinaire - nouveauté de la réforme - est consacré aux "Langues et cultures de l'Antiquité", cela reste "très insuffisant" selon la professeur : "Ce serait une façon d'enseigner les langues anciennes mais en transdisciplinarité, uniquement consacrée au phénomène de la civilisation et de la culture. La langue latine est laissée de côté."
Une autonomie dangereuse ?
Autre crainte de l'enseignante, les 20% d'autonomie accordés à chaque établissement dans l'attribution des horaires de cours : "Il est possible via les 20% de mobilité interne à chaque établissement de proposer l'enseignement du latin sauf que ces 20% pourraient également servir à aménager des groupes pour classes à effectifs nombreux. Dans les établissements avec élèves en difficulté, ces 20% vont être consacrés à dédoubler les effectifs sur des matières telles que les maths, français, histoire-géo, ce qui est normal mais ce qui veut dire il n'y aura plus de latin proposé. Aujourd'hui, dans les ZEP, on propose le latin à tous les élèves, ce ne sera plus le cas."
Un ascenseur social en panne ?
Des professeurs de lycées se sont également joints à la manifestation. C'est le cas de Pascal Thiell, professeur de lettres modernes dans un lycée de Saint-Valéry-en-Caux, et représentant du Snalc. Il justifie sa présence : "Les lycées sont concernés puique nous allons avoir les élèves issus de ce nouveau collège et nous devrons nous adapter à ce nivellement par le bas. Pour nous qui tenons à restaurer l'ascenseur social, c'est dramatique, ce sera un ascenseur qui n'aura plus d'étage." Lui craint surtout la perte des fondamentaux des élèves et des EPI qui "ne sont qu'un leurre, que du saupoudrage. Ce ne sont pas des outils pour faire progresser nos élèves."
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