"Pourquoi changer, les conservateurs font du bon boulot pour l'économie!", lance, hilare, Grant qui se réjouit des premières tendances des législatives britanniques, soulagé, comme la plupart des financiers réunis dans un pub de la City de Londres, d'une probable défaite travailliste.
Au Draft House Seething, situé à un jet de pierre de la célèbre Tour de Londres et rendez-vous des employés du quartier d'affaires de la capitale, l'atmosphère a pris, jeudi soir, des allures de café du commerce électoral lorsque le premier sondage sortie des urnes est apparu sur écran géant.
Des sourires ont envahi les visages, quelques hourras ont fusé tandis que des bras se tendaient vers le ciel, en signe de victoire.
Nombre des habitués restaient pourtant prudents, conscients que David Cameron n'aurait sans doute pas de majorité absolue.
"C'est très excitant", lance Ben Woodthorpe, 39 ans, un travailleur du secteur financier portant une courte barbe et de fines lunettes. "Nous avions un système à deux partis mais c'est fini. Avec moins de 5% des voix au plan national, les nationalistes écossais auront une grande influence sur la politique britannique", remarque-t-il.
Comme de nombreux clients du pub, il déclare sans ambages avoir voté pour les conservateurs: le c?ur du quartier d'affaires londonien bat à droite, cela apparaît sans détour dans les conversations de comptoir.
"Si les travaillistes reviennent, ce serait catastrophique pour l'économie", s'effraie encore Sarah, une jeune banquière venue se détendre après sa journée de travail. Elle se dit déterminée à se lever à cinq heures du matin pour prendre connaissance d'une tendance claire à l'issue d'une longue nuit de décompte.
- 'La stabilité' comme 'priorité' -
Même résolution pour Marc, qui se dit concerné comme employé de la City mais aussi comme "père et propriétaire d'une maison".
Pour lui, l'un des faits marquants reste la montée du parti nationaliste écossais, le SNP. "L'Ecosse va maintenant avoir de nombreuses clés en main pour ce qui se passe à Westminster", regrette-t-il.
Dans un autre pub du quartier central de Haymarket, à proximité de Piccadilly Circus, fief des jeunes conservateurs, une centaine de militants fêtent la victoire qui se dessine.
"Je suis absolument ravie, c'est une merveilleuse nouvelle" s'enthousiasme Alexandra Paterson, présidente de Conservative Future, l'organisation de la jeunesse du grand parti de la droite britannique.
"Les Britanniques ont voté pour la compétence", assure-t-elle en évoquant le bilan jugé flatteur des conservateurs au plan économique.
Les militants se réjouissent d'avoir pu mobiliser les électeurs de leur camp, tout en dévorant des yeux les résultats égrenés sur les nombreux écrans de ce vaste bar à billards.
La peur de l'éparpillement des voix et, in fine, de la paralysie politique pourrait aussi avoir aidé le parti au pouvoir, d'après les jeunes activistes interrogés par l'AFP.
"Il y a une volonté d'avoir un gouvernement fort", estime Meredith Lloyd, un militant de 27 ans qui a passé son jeudi à sillonner des circonscriptions dans un bus conservateur pour rallier les soutiens. "Les gens ont placé la stabilité comme une de leurs premières priorités".
Chez les travaillistes, la montée du SNP est pointée pour expliquer un résultat décevant.
"Le parti travailliste a été pris en tenaille entre les nationalismes anglais et écossais et l'on peut dire qu'il est désormais le seul parti vraiment britannique", déplore John McKee.
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