En ce moment

Tokyo (AFP). Japon: les femmes de réconfort réclament justice

...

Tokyo (AFP). Japon: les femmes de réconfort réclament justice
Lee Yong-Soo, ex-femme de confort, lors d'une manifestation devant le parlement japonais à Tokyo le 14 juin 2007 - AFP/Archives
Elles furent 200.000 esclaves sexuelles, pour la plupart coréennes, enrôlées dans les bordels de l'armée impériale japonaise avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Les survivantes ne sont plus qu'une poignée aujourd'hui mais, au nom de "l'honneur et de la dignité", ces anciennes femmes dites de "réconfort" réclament justice au gouvernement japonais, accusé de continuer à minimiser, sinon ignorer, les souffrances infligées. De fait, si le Japon a présenté des excuses en 1993, la droite nationaliste nippone, dont le dirigeant Shinzo Abe effectue une visite historique aux Etats-Unis, répugne à admettre le rôle de ses chefs et de ses soldats dans l'exploitation ignominieuse de ces femmes. "Je ne mourrai pas tant que cette question ne sera pas résolue", a martelé Lee Yong-Soo, une ex-victime aujourd'hui âgée de 87 ans, lors d'une conférence de presse la semaine dernière au Congrès américain. "Je suis une fille honorable de Corée, je ne suis pas une femme de réconfort", a plaidé Mme Lee. De honte, elle a tu ses épreuves pendant des décennies avant de devenir une des porte-voix des ex-esclaves sexuelles coréennes, faisant campagne dans le monde entier. Elle a ainsi raconté avoir été kidnappée par des soldats japonais en 1944, alors qu'elle avait 16 ans. Envoyée à Taïwan, elle est restée confinée dans un bordel militaire japonais pendant deux ans, violée, battue et torturée par des décharges électriques. "Je suis presque morte", a-t-elle témoigné. L'octogénaire voudrait se trouver au premier rang devant M. Abe, et qu'"il la regardât droit dans les yeux", quand le Premier ministre conservateur s'adressera mercredi au Congrès américain à Washington - une première pour un chef de gouvernement nippon. Mme Lee n'a pas retenu ses mots: "Abe continue de mentir, de nier le fait que nous avons été enrôlées de force". - 'Honneur et dignité' - Vingt-cinq élus de la Chambre des représentants, dont le président de la commission des Affaires étrangères, Ed Royce, ont récemment écrit à l'ambassadeur japonais à Washington pour demander à M. Abe "de poser les bases d'une cicatrisation et d'une réconciliation humble en évoquant les questions historiques". Lors d'une conférence de presse conjointe avec le président Barack Obama à la Maison Blanche, le Premier ministre japonais s'est dit mardi "profondément peiné par le sort des +femmes de réconfort+" mais, là encore, il n'a pas présenté d'excuses. Une autre Coréenne, Kim Bok-Dong, 88 ans, témoignait la semaine dernière à Tokyo. Elle n'avait que 14 ans lorsqu'elle a été enlevée par la soldatesque nippone dans son village de Corée, alors sous domination coloniale du Japon impérial. On lui a d'abord dit qu'elle travaillerait dans une usine textile, pour fabriquer des uniformes militaires, mais elle a fini dans la province de Guangdong, en Chine, comme esclave sexuelle, puis à Hong Kong, Singapour, Sumatra, en Malaisie et à Java dans les maisons closes de l'armée impériale. "Les samedis, de midi à cinq heures, et les dimanches de huit heures à cinq heures, il y avait de longues lignes d'hommes", a-t-elle narré. Quinze passes les jours de semaine, beaucoup plus les week-ends. "Etait-ce une vie normale?" "Si je n'avais pas obéi, j'aurais été battue. Je devais faire ce qu'on me disait. J'ai voulu mourir", a-t-elle confié à des journalistes. Pour Mme Kim, le gouvernement japonais a le devoir de dire la "vérité". "Il est temps que le Japon reconnaisse les fautes qu'il a commises dans le passé. Les nier est absurde". Et si Shinzo Abe lui même n'est pas coupable, il lui revient la responsabilité, en tant que chef du gouvernement, de "réparer ce qui a été fait".

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Petites Annonces
Immobilier
Appartement t2
Appartement t2 Gex (01170) 940€ Découvrir
Fonds de commerce bar épicerie
Fonds de commerce bar épicerie Saint-James (50240) 50 000€ Découvrir
Pièces détachées pneus
Pièces détachées pneus Paris 6eme arrondissement (75006) 120€ Découvrir
terrain à vendre
terrain à vendre Avesnes-en-Val (76630) 30 000€ Découvrir
Automobile
peugeot 2008
peugeot 2008 Tirepied-sur-Sée (50870) 22 000€ Découvrir
Megane II Cabriolet 1.6 , 3800€
Megane II Cabriolet 1.6 , 3800€ Coutances (50200) 3 800€ Découvrir
Citroen Mehari E en très bon état
Citroen Mehari E en très bon état Orléans (45000) 5 500€ Découvrir
Vends Peugeot 308 essence 110 cv
Vends Peugeot 308 essence 110 cv Bouvaincourt-sur-Bresle (80220) 9 790€ Découvrir
Bonnes affaires
2 fauteuils club
2 fauteuils club Le Genest-Saint-Isle (53940) 100€ Découvrir
Machine à border Innovis NV880E Brother
Machine à border Innovis NV880E Brother Blois (41000) 788€ Découvrir
Canapé Ektorp ikea
Canapé Ektorp ikea Beaubec-la-Rosière (76440) 360€ Découvrir
Informatique
Informatique Paris 16eme arrondissement (75016) 500€ Découvrir
L'application mobile de Tendance Ouest
Inscrivez vous à la newsletter
Les pronostics avec Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Tokyo (AFP). Japon: les femmes de réconfort réclament justice