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Garissa (Kenya) (AFP). Cela va être de bonnes vacances de Pâques: à Garissa, le sarcasme dans l'horreur des assaillants

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Garissa (Kenya) (AFP). Cela va être de bonnes vacances de Pâques: à Garissa, le sarcasme dans l'horreur des assaillants
Une étudiante est prise en charge par des infirmiers à l'hôpital de Nairobi le 2 avril 2015 choquée et blessée après l'attaque contre l'université de Garissa - AFP
Des corps empilés, du sang s'écoulant dans les couloirs: secouristes et survivants du massacre de l'université kényane de Garissa, dans lequel 147 personnes ont été tuées, racontent l'horreur, mais aussi le sarcasme des assaillants. Car avant d'exécuter froidement leurs victimes, les islamistes somaliens shebab, qui ont réveillé les étudiants l'arme au poing jeudi, séparant les musulmans des non musulmans en fonction de leurs habits, se sont littéralement amusés, raconte Salias Omosa, un survivant de 20 ans. "+Nous ne craignons pas la mort, cela va être de bonnes vacances de Pâques pour nous+, les assaillants criaient en swahili, avant de tirer", explique-t-il, traumatisé, dans un camp militaire proche de l'université où il est hébergé. Le jeune homme raconte avoir réussi à s'échapper après avoir vu deux de ses amis se faire tuer. Les assaillants, affiliés à al-Qaïda, portaient des masques et des vêtements militaires. "J'ai vu beaucoup de choses, mais jamais rien de tel", renchérit Reuben Nyaora, un infirmier travaillant pour l'ONG International Rescue Committee (IRC). "Il y avait des corps partout, qui avaient été exécutés en ligne, nous avons vu des gens dont les têtes ont été soufflées, avec des blessures par balle partout, le tout dans un désordre effroyable". Le secouriste est normalement basé dans le gigantesque complexe de camps de réfugiés somaliens de Dadaab, situé lui aussi dans l'est kényan, près de la frontière somalienne, à quelque 90 km de Garissa. Il est parmi les premiers arrivés sur le campus pour apporter les premiers soins aux survivants et aux militaires blessés dans les affrontements avec les assaillants. - "Ils étaient tués, et puis c'était le silence" - "Nous avons donné les premiers soins pendant les combats - des soldats se faisaient tirer dessus juste devant nous, comme les victimes retenues en otage", explique ce Kényan de 32 ans, la voix tremblante. "Et puis nous sommes allés dans les couloirs, ce que nous avons vu était bien trop horrible pour être imaginé, et pourtant nous l'avons vu". "Tout le monde avait l'air mort, mais alors que nous parlions, des étudiants qui se cachaient depuis des heures sont sortis - certains de placards, d'autres du plafond", dit-il encore. D'autres, qui s'étaient couchés parmi les morts, se sont levés, couverts de sang. Le secouriste raconte avoir vu trois femmes apparemment mortes, couvertes de sang de la tête aux pieds, qui se sont extirpées indemnes de tas de cadavres. "Les femmes ont dit que les assaillants criaient en swahili, en même temps qu'ils tiraient sur les hommes : +Nous sommes venus pour tuer et pour être tués+", poursuit-il. "Puis ils ont dit aux femmes de +nager dans le sang+", comme pour se moquer d'elles, jouer avec elles, avant de partir en les ignorant. Amuna Geoffreys, un autre étudiant survivant, était en train de prier avec d'autres chrétiens quand la fusillade a commencé. Il a couru se cacher dans un buisson mais a pu entendre les terrifiantes menaces proférées par les assaillants. Ceux-ci forçaient des étudiants à appeler leurs parents, pour leur dire de réclamer un retrait des troupes kényanes de Somalie - le Kenya est militairement engagé depuis fin 2011 dans le sud somalien pour combattre les shebab. "Les tueurs ordonnaient aux gens d'appeler chez eux pour dire: Nous mourons parce que Uhuru (Kenyatta, le président kényan) persiste à rester en Somalie", ajoute le jeune homme. "Après avoir appelé leurs parents, ils étaient tués, et puis c'était le silence".

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